Je progresse, la remontée est proche, j'ai monté un réseau des anciens en suisse, ce qui me permet d'organiser comme je le souhaite les opérations d'information et les contacts entre les français du coin...et de le faire donc correctement. Un site est prêt, et le projet prends forme avec des soirées et quelques principes d'organisation. Les premiers rendez-vous de recherche d'emploi me permettent d'avoir eu accès aux bases de données de jobs publics d'importance avec ceux des ong, et bizarrement alors que personne ne m'avait jamais aidée ou gentillement reçue à Paris, le contact ici entre expatriés est bien plus chaleureux..et positif, cela a l'air de fonctionner, on me remonte de l'information, et déjà des annonces de postes à 80% comme ce que je vise. Nous avons pu nous extraire du quotidien quelques jours en ayant confié Aurélien à ses grands-parents, qui est du reste tombé directement malade..avant d'être royalement emmené à Disneyland. Nous sommes allés en espagne à Barcelone essayer de voir si on est encore ensemble par nécessité ou par absence d'autres opportunités...Le voyage démarrait mal car Frédéric a commencé par essayer de me faire tout caser dans une petite valise, mission impossible, même pour trois jours, car il faut à deux au moins un sac de voyage et non pas un seul petit sac cabine... je trouvais cet entêtement bizarre, et ai compris au desk de l'aéroport la raison de cette orientation : il fallait encore payer 40 e environ pour embarquer une valise. Ok, mais pourquoi là encore ne pas me l'avoir dit clairement...? Entre son débit difficile à comprendre, entre ânnonements, murmures et absence d'articulations des mots, je n'entends déjà pas bien ce que me dit Frédéric, qui, en plus, aggrave son cas en ne disant pas la moitié de ce qui est nécessaire pour faire passer des idées un peu complexes. Sa structure c'est un sujet un verbe, une affirmation, et pas toujours le complément ou les détails pour expliquer. Ce qui a le don d'agacer l'autre, en sollicitant sans cesse son attention, ses questions, bref, qui au lieu de permettre une communication fluide l'engraisse, la freine, la fait s'enliser dans des sables peu émouvants. Je me sens toujours prise en otage de ce mode d'expression qui est hérité d'une adolescence pas dépassée, d'une discrétion qui se fait effacement, et qui irrite à la longue mon attention et mon écoute, et donc, je n'écoute plus, je ne l'écoute plus dès que je ne comprends pas parce que c'est épuisant de le suivre. Ou même d'essayer. Voilà. Ma mère qui par trouille a passé sa vie à supporter quelqu'un qui l'était à peine, à savoir mon père, et à tout endurer sauf ses enfants pour rester dans un confort relatif voit encore bien sûr les choses par le bout de la lorgnette et continue elle aussi de ne pas écouter ce qui n'est pas écoutable : l'agacement, pas le dégoût tout à fait de l'autre, non, mais tout ce qui fait qu'on se demande à un moment ce qu'on recherchait au début en entrant en couple et en histoire. Tout ce qui fait qu'on se demande si c'est trop ou pas assez de l'autre qu'on éprouve. Du manque ou quoi d'autre. Pas de trop, ou alors du trop de pression. La masseuse ce matin constatait : vous êtes nouée, les épaules, les côtés, pas le bas du dos, mais les charges.. Oui, je me charge, quand les hommes même chargés eux de "responsabilités", restent légers..le mien est sérieux, je le crois, mais même sérieux, il reste comme pas concerné, comme pas impliqué, comme quelqu'un qui quand il est là est mieux devant le foot ou les jeux vidéos ou cnbc qu'il a déjà tout le jour avec lui. Il doit penser que j'occupe les lieux pour faire du plein, pour l'intendance, pour montrer que c'est habité, quand lui ses préoccupations sont justement de faire le vide de notre lien..sans vraiment le reconnaître. Comme beaucoup. Combien sont-ils ces loustics qui oublient la valeur de la présence et de l'engagement de leur femme à leurs côtés, pour faire comme si le fait qu'ils soient là remplacerait idéalement déjà celui qu'ils ne soient, ni au café, ni ailleurs dans un 5 à 7 galant avec une autre.. Tu as de la chance, je suis gentil avec toi, quels autres auraient fait cela? De toute façon au bout d'un temps passé à deux, en années, les comparatifs manquent. ans doute faudrait-il retomber dans la jungle du célibat et de ses renégats pour percuter sur cette chance que l'on a de n'être pas seule...? Le chômage, la maladie, l'âge, la vieillesse sont ce qui m'ont fait me mettre en couple, parce que les deux premiers m'étaient tombés dessus sans me laisser le choix de m'en relever ni même de me battre. Il y a des moments ainsi dans nos destins, rien ne marche et tout se grippe et s'aggrave en même temps. Et on plonge. Fredéric avait de la chance. Il est plus aisé de vivre avec un chanceux qu'avec un persecuté. Non pas que le persécuté ne soit pas de temps à autre à l'origine de son malheur, mais pour l'avoir vécu, les périodes de chance et de malchance sont aussi imprévisibles que soudaines et détachées de vos capacités d'intelligence ou de coeur. Si d'aucuns n'en sont responsables, ils en sont quoi qu'il advienne des victimes. Marquées, souffretantes. Cancers, dépressions, crises économiques et mauvais choix professionnels, ou d'études, par absence d'adultes pertinents et généreux de leurs informations à vos côtés...chagrins d'amour et rencontre de pervers polymorphes. Les dangers sont grands.. Est-ce la peur ou l'envie qui doit vous tenailler pour passer ensemble les années qui vous conduisent à votre fin, sous la perspective d'en profiter au maximum? Suis-je encore assez jeune pour rebondir et me permettre de revivre un nouvel amour? Lequel, pour qui, pour quoi? Mon amour est bien sûr mon enfant, aujourd'hui. C'est aussi celui de son père, à n'en pas douter. Qui dit aussi m'aimer encore, mais comment...? La qualité de nos vies mérite de la reconnaissance et de la gratitude, la maternité est un combat et une charge immense, qui prive la femme et l'homme de leurs libertés respectives. J'étais quelqu'un de libérée. Je ne le suis plus. Je vis ces entraves selon les moments comme des boulets ou comme des joies d'être ensemble tous les trois. Je souhaiterai même qu'une petite fille vienne s'adjoindre à nous. Mais alors.., comment persister ou s'améliorer dans une complication agrandie? Tout ce qui s'ajoute vient alourdir les chappes de plomb des familles. Ce qui n'est pas le moindre des paradoxes : que chacun cherche son bonheur dans ces engrenages. Vais-je pouvoir encore aller plus loin et regretter ensuite de n'avoir pas reculé quand je ne sentais plus de feu sacré, qui me faisait tout endurer avant? Il y a un temps pour tout, certes. Comment retravailler tout en maintenant nos routes avec toutes les embûches qui ont été récentes et sont encore devant nous? Mourir c'est se manquer à tous, mais n'est-ce pas aussi se reposer? )) |
23.10.08
Malgré une escapade espagnole, un gros coup de blues
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