Une famille à Paris

Une famille à Paris
Heurts, Malheurs et Bonheurs

10.12.08

La pédo-psy

Ben à force de plus en pouvoir des excitations incessantes du petit, des colères, des négociations et autres apostrophes publiques "et oh, papa maman, on parle pas ensemble quand je suis là", au resto, à faire s'étrangler la serveuse d'incrédulité, j'en ai eu ma claque.
Du grand, du petit, des deux, bref, ça suffit.
Branle-bas de combat, je veux et je dois retrouver Ma vie, à moi, de qui est capable d'être rémunérée pour un job et pas forcément dédiée à la gynécée ambiante.
Coiffeur et remise à niveau physique pour alerter le grand qu'il a de la réactivité en face, et coup de fil au cabinet de psy pris en charge par mes assurances.
 
On arrive un mercredi sous la neige. Un grosse dame âgée mais gentille nous attends. Elle a des diplômes..elle est psychiatre, bon, ça ira : la première séance, aurélien nous fait du grand scoob de compète : il visite ts les coins du cabinet, touche à tout, essaie de me couper la parole pendant mon brief à l'experte, au point que celle-ci se demande et réserve son diagnostic pour la seconde séance, je la vois venir : elle subhodorre un hyperactif. Je suis sereine parce que ma bête, je la connais. Oui, c'est comme Canada Dry, ça ressemble, mais c'en est pas un ! Bilan du premier dessin, trois maisons, lui se dessine comme un soleil devant, et conclusion de la pro : il a besoin de structuration, cet enfant, il vous le réclame.
Ben M'dame, c'est pas faute d'essayer, j'vous jure..
Bon, seconde semaine, le raton a un peu les boules que ça recommence. Entre le père qui trouve déjà que ça va mieux, et qu'"il a l'air d'avoir peur d'y aller, le pauvre", et moi qui trouve que c'est très bien parce que je me sens moins seule dans ce bouzin, le petit pérorre : "maman, tu sais, je vais bien de la tête, et j'ai bien compris maintenant qu'il fallait que j'obéisse!".
Ah oui?..ok, comme quoi, je le savais qu'il craquerait dans le temps, mais le résultat n'est pas encore atteint avec le grand et j'ai besoin de plus de billes pour mes négos.
A la seconde séance, il tient dix minutes en salle avec la dame, avant de sortir et de s'échapper de la salle de discuts. Et vingt minutes le coup d'après. Enooorme progrès. la psy comprends que ça va mieux et qu'il a déjà commencé à se calmer..à baisser pavillon..en partie. Elle comprends que oui, il va bien, ce n'est pas pathologique car il progresse bien vite pour un hyperactif potentiel..et son diag tend vers le surdoué..
Pas de sommeil facile, une mémoire d'éléphant, une autorité difficile à contrer, une lucidité et des envies de faire tout comme il le veut..
Son père va devoir lâcher du lest et s'intéresser plus à sa vie de famille. Contraint ou forcé. Le prix de la tranquilité et de l'équilibre.
Crise financière ou pas. Je ne lâcherai pas.
Troisième séance, Aurélien connaît bien son interlocutrice qui a l'air contente aussi de le voir. Il dessine une maison en feu, mais des vagues du lac qui comme un tsunami vont ensuite étendre l'incendie..Tout un symbole. Auto-résilient tt seul le bougre...
Et oui, il ne va pas mal, il trouve les solutions à ses problèmes, l'incendie inquiète la psy : le soir il nous dira qu'il l'a vu à la télé dans une émission, et cela n'a donc rien à voir avec une situation grave qui aurait été passée sous silence ou non notée..
Ce qui est clair c'est qu'il a commencé à un peu plus se calmer, à mieux obéir, à moins hurler et imposer ses vues à nous ses parents comme avant. Il commence à devenir un peu plus urbain. Encore une colère ce matin, légère mais comme un retour.
On retournera une dernière fois mercredi prochain..
Parce que je sais que cela nous aide à nous interroger en miroir, que ça me fait du bien aussi de sortir mon combat. Et que le grand est obligé de suivre les progressions et les conclusions des séances, et a déjà accepté de venir me remplacer à la fête de l'école quand j'étais prise, et qu'en cela, c'est aussi la poursuite de ma vision de rééquilibrage.
Cross fingers pour le passage et la chance de mon dossier de candidature pour un job dans une fondation à deux pas de la maison à 80%..
Et je commencerai à voir le bout de ce p'utain de tunnel démarré avec sa naissance pour moi. Une plongée dans un autre monde, pendant que le vrai monde a tourné sans moi..ou presque. Le défi de demain : arriver à vivre dans deux dimensions sans avoir cette impression de clivage ou d'enfermement ou d'opposition.
Ma copine Cécile de chez lynette essaie aussi. D'autres y arrivent bien.
Why not me?

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